Valorisation et réemploi des déchets

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Le déchet est encore généralement appréhendé comme un rebut destiné à disparaître. La durée de vie de toute chose, sauf rare exception, possède une limite, que ce soit volontairement avec la conceptualisation de l'obsolescence, ou naturellement par la décomposition d'un fruit ou d'un légume. Dans les deux cas se posera la question du traitement du déchet. 
En tant qu’acteur d’une économie sociale et solidaire, soucieux de nos impacts environnementaux, notre approche de la thématique de la gestion des déchets doit se faire de façon bilatérale :
 
-       Commentconsidérer un déchet ? Comment évaluer la ressource d’un déchet et comment endéfinir la limite  ? Quel réemploi possible ? Quelle valeur ajoutée peut-on envisager sur un objet, un aliment ou autre production humaine qui sera destinée à être jetée ? Quels sont les freins et les leviers économiques ?
-       Comment réfléchir à une économie durable, pour s’intégrer dans une économie quis’inspire de notre environnement ; une économie circulaire (réduire et ajuster nos consommations, recycler, composter, ré-utiliser et ré-employer pour atteindre le cercle vertueux du zéro-déchet) ?
 
L'urgence des solutions face à de nouvelles formes de consommation énergivores voire "déchetivores"(comme certains insectes) nécessite l'appui et l'initiative de nouveaux acteurs. En terme de gestion, de récupération, de transformation, il s'agit d'articuler les compétences de tous les composants de la chaîne d'un "déchet" pour en extraire l'utilisable (le réutilisable). D'où la nécessité pour les acteurs intermédiaires (associations, collectivités,entreprises...) à faire preuve d'adaptation et d’imagination quant aux discours et aux outils qu'ils mettent à disposition.
 
Et si on démocratisait le réemploi de produits ?
Saviez-vous qu'en France, on estime à 9.3 millions detonnes la quantité d’objets qui sont arrivés en fin d’usage ? Or fin d'usage,ne veut pas nécessairement dire que le produit est cassé et irrécupérable ; ladurée d'usage d'un produit étant souvent plus courte que sa durée de vie (par exemple, un Français change de téléphone portable en moyenne tous les 1 an1/2 alors que la durée de vie d'un portable est de 5 à 7 ans). Ce sont donc autant de chances que ces objets soient potentiellement réemployés pourconnaitre une deuxième vie. Pourtant l'ADEME estime, qu'au mieux, 2% desproduits arrivés en fin d'usage sont réemployés. N'avez-vous d'ailleurs jamais jeté un objet en bon état, juste parce que vous ne saviez pas quoi en faire ? Les bennes de nos déchetteries sont pleines de produits encore fonctionnels, qui ne demandent qu’un petit coup de brique pour repartir de plus belle. La marge deprogression est donc...gigantesque !
 
En plus, acheter un produit d’occasion, issu du réemploi, n’a (quasiment ?) que des avantages : 
-         Le premier est le prix, beaucoup plus bas que lemême produit, neuf. Le pouvoir d’achat est donc augmenté. Les consommateurs se rendent compte de plus en plus qu’acheter systématiquement du neuf relève d’un modèle de consommation.
-          Donner une deuxième vie à un produit évite de consommer de nouvelles matières premières (d’après le Global Footprint Network, nous consommons 1 planète ½ de ressources chaque année !). Cela évite également une nouvelle production, émettrice de la majorité du CO2 consommé pendant la durée de vie d’un produit. En achetant des produits du réemploi vous faites donc un geste pour la planète, sans pour autant revenir à l’âge de pierre !
-         Enfin, la plupart des acteurs du réemploi (Emmaüs, Envie ou tout ce qui s’appelle « ressourcerie » ou« recyclerie ») emploient des salariés en insertion. En achetant du réemploi, vous participez donc à la création de ce type d’emplois et à l’épanouissement de ces personnes, initialement en marge du marché de l’emploiet de la société. 
 
Si c’est si bénéfique, pourquoi le réemploi ne s’est-il pas plus démocratisé ?
D’abord parce que les habitudes de consommation n’ont pas encore changé radicalement ; même si elles évoluent, d’année en année, avec une accélération nettement visible ces dernières années. Aujourd’hui, 3 Français sur 4 ont déjà acheté un produit d’occasion et 35 millions de Français ont déjà utilisé le Bon Coin.
Mais on remarque qu’il existe encore pas mal de barrières qui bloquent un véritable élan populaire : 
-         Les structures du réemploi ne sont pas assez visibles pour les consommateurs : souvent situées hors des centre-villes ; sans outils de communication ou avec des outils trop peu visibles (cf. sites internet)
-         La barrière logistique reste importante : les gens n’ont pas forcément de voiture ; les objets sont lourds ; pas assez de temps pour aller jusqu’aux recycleries,…
-         Les consommateurs ont besoin d’être rassuré sur ces produits d’occasion qu’ils achètent (d’où viennent-ils ? vont-ils durer ?...)
 
Il y a  donc encore un gros travail de communication à faire autour du réemploi…et quelques outils à mettre à disposition des consommateurs, mais aussi des acteurs du réemploi, pour fluidifier toute la chaine…
Ceci dit les solutions se multiplient…alors testez le réemploi, et vous verrez que vous prendrez goût à ce mode de consommation alternatif !
 
Article co-rédigé par Récup et Gamelles et Vertuose, merci à ces contributeurs !
 
Crédit photo : Scop La Péniche

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